Mon plus beau souvenir de spectacle
Un jour, tout s'est aligné.
Je jouais un spectacle en extérieur lorsqu'une église s'est mise à sonner au loin. Le public s'est tu presque naturellement. J'ai attendu. Tintement après tintement.
Au moment exact où la dernière cloche s'est arrêtée, j'ai allumé ma torche.
Pendant quelques secondes, j'ai eu l'impression que le spectacle, le public, le lieu et le temps ne faisaient plus qu'un.
Je n'ai jamais réussi à reproduire ce moment. Et c'est probablement ce qui le rend si précieux. Sur la route du retour, je repassais le spectacle dans ma tête encore et encore. Je me disais "pour un petit spectacle comme ça, bon sang, quand tout s'aligne ça n'est pas juste un spectacle de feu c'est juste un moment hors du temps.
Une vraie tête de cracheur de feu
Un jour, en arrivant sur un événement, un organisateur : Petit clin d'œil à Maxime de l'agence Coïncidence qui m'a offert l'un des plus beaux compliments de ma carrière.
« Ah oui, toi tu as vraiment une tête de cracheur de feu. »
Quelques heures plus tard, il a répété exactement la même chose au micro devant tout le public.
J'avoue que ça m'a beaucoup fait rire.
Ce jour-là, mon objectif était précisément d'incarner le cracheur de feu le plus cliché du monde : barbe, costume entre artiste de rue et punk, coupe de cheveux de saltimbanque et grosses flammes.
Mission accomplie. Merci Maxime d'avoir eu l'audace de dire ce que tu pensais au fond de toi.
Pourquoi je joue souvent sans micro
J'aime les spectacles vivants. Les vrais.
Ceux où l'on entend le feu souffler, le public réagir, les enfants rire, le vent passer entre les arbres ou les cloches sonner au loin.
J'utilise toujours de la musique, mais jamais je n'utilise de micro, je préfère travailler à la voix et créer l'intimité avec mon public.
Alors quand vous assistez à un spectacle de La Tribe, les flammes ne représentent qu'une partie de l'expérience.
Le reste, c'est l'histoire, les personnages, l'humour, les silences, les émotions et l'univers dans lequel nous vous embarquons.
Alors profitez du spectacle à fond, plongez dans l'ambiance, ça demande juste un peu de silence collectif.
La question que l'on me pose tout le temps
« Mais au fait... vous mettez quoi dans votre bouche ? »
C'est probablement la question que l'on me pose le plus souvent après un spectacle.
Chez les adultes, généralement je réponds franchement.
Chez les enfants, c'est souvent :
« Monsieur, c'est de la bière que vous mettez dans la bouche ? »
Et ma réponse est toujours la même.
C'est un secret de professionnel.
Bein oui, quand on est gamin on a tendance à reproduire chez soi ce qu'il ne faut pas reproduire avec le feu...
Le feu reste le feu
Le feu est spectaculaire.
Il est aussi profondément dangereux.
J'ai connu des brûlures, des déchirures musculaires et même une pneumonie chimique liée à la pratique du crachat de feu.
Le feu ne pardonne pas l'excès de confiance.
Je prépare actuellement un article consacré à l'approche accidentologique du crachat de feu et à la manière dont les professionnels travaillent pour réduire les risques.
Merci à ceux qui ont cru en moi
Je voudrais d'abord remercier ma compagne, Elora.
Elle a été mon assistante sur mes premiers spectacles, ma première spectatrice, ma première critique et souvent celle qui me ramenait à la réalité lorsque je partais trop loin dans mes idées.
Mais surtout, elle a toujours cru en moi.
Même lorsque je doutais. À bien des égards, elle a cru en moi plus fort que je n'ai cru en moi-même.
Merci Elora. Ton rôle dans cette aventure est au premier plan, même si tu joues le plus souvent dans les coulisses.
Derrière le cracheur de feu
On voit souvent le cracheur de feu sur scène. On voit moins toutes les personnes qui rendent ces spectacles possibles.
J'ai une pensée pour ma maman, qui a longtemps eu peur pour moi. Je l'ai d'ailleurs invitée dès mes premiers spectacles pour la rassurer et lui montrer ce que je faisais réellement.
Une pensée aussi pour mon papa, trésorier de l'association, assistant feu d'exception, technicien, chauffeur, relation client, logisticien et parfois photographe. Bon, il faut le reconnaître, les parents restent rarement les meilleurs photographes du monde.
Merci également à Micolino, capable de répondre présent dans à peu près toutes les situations, ainsi qu'à toute l'équipe de l'Affinage Sonore : Rémi, Brice, Marie, Hanz, Jah et tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette aventure.
Merci aussi à mon oncle Pierre, dit « Le Pat' », à Renaud, à Nico, à Jany et à tous les autres que je ne citerai pas ici mais qui se reconnaîtront.
Chacun, à sa manière, a posé une pierre à l'édifice. Cette aventure porte peut-être mon nom sur l'affiche, mais elle n'aurait jamais existé sans eux.